Spectacle de musique contemporaine porté par une Maîtrise de l’Opéra de Lyon saisissante, L’Avenir nous le dira est une fable sur l’avenir, comme rêve d’enfant.

Ce fut l’une des deux œuvres contemporaines du festival de l’Opéra de Lyon cette année, L’Avenir nous le dira mettait en scène la Maîtrise de l’Opéra de Lyon, trente-cinq jeunes chanteurs, une dizaine d’années en moyenne, dans une fable onirique sur le temps, et sa consistance. Et plus profondément, sur la possibilité de lire l’avenir, d’en ressentir les effets, d’en déterminer les formes. Sujet ample, philosophique par essence, qui devenait dans ce spectacle une invitation à la dérive, au jeu, et un hymne à l’intuition. Avec une liberté constante, ce spectacle choisissait donc, plutôt que de nous livrer une réflexion intellectuelle sur le temps, de nous en donner un accès spontané. Bref, de céder la place aux enfants, maîtres de la spontanéité s’il en est. Ce choix s’avère très intelligent, car trop souvent les spectacles d’enfants ( et ici aucun adulte ne vient perturber leur osmose) singent les spectacles d’adultes, ou se veulent, hélas, éducatifs. Il n’en est rien ici, puisque le spectacle s’ouvre sur des charades énoncées par des enfants apparaissant en balcons autour de la scène, affirmant là que le langage d’enfant prédominera. Car qui, sinon les nouvelles générations, pour connaître et deviner l’avenir ? N’est-ce pas même ce qui occupe le plus la tête d’un enfant, savoir de quoi son futur sera fait ? La scénographie mettant à nu la charpente d’acier du théâtre, et créant un labyrinthe de métal sur scène, réponds avec finesse à la mise en scène qui joue sans cesse sur l’apparition de chaque chanteur, ici dans une loge du théâtre, là dans un carton, créant un effet de surprise permanente.  Cet art de l’impromptu, qui s’allie si bien à la mise en scène d’enfants, Alice Laloy l’approfondit de spectacle en spectacle, depuis le fabuleux Pinocchio ! où, mêlant enfants et marionnettes, elle affirmait son univers intrigant.  Cette mise en scène qui voit les enfants se réinventer en chœur, en bandes, en fanfare, ou en défilé, s’avère la grande réussite de ce spectacle, porté par une Maîtrise saisissante de technicité. La musique de Diana Soh, crée entièrement sur scène par les bruits des objets qui s’entrechoquent, dans un art lancinant et répétitif a le mérite de faire corps avec la mise en scène, ou plutôt de lui donner corps. Les paroles livrent, elles, une dimension incantatoire, que l’on aurait peut-être aimée moins présente, dans la mesure où le spectacle vaut par son mystère, et son enfance. Mais enfin, les enfants s’amusent, les secondes s’égrènent, et le temps passe si vite…

L’Avenir nous le dira, de Diana Soh et Alice Laloy, Opéra national de Lorraine, 4 et 5 avril.